Les recherches en cours

Les troubles du comportement et leur prise en charge en Unité Cognitivo Comportementale : quels questionnements éthiques des professionnels et des proches des patients ?

Les UCC sont des services fermés destinés à recevoir des patients atteints de troubles cognitifs majeurs présentant des comportements inhabituels. Elles existent depuis une dizaine d’année. Quelques études se sont intéressées à l’efficacité de telles structures mais peu ont abordé le versant éthique de ce type de prise en charge. Or, les UCC semblent concentrer les questions éthiques qui se posent à propos à la fois de la psychiatrie et de la vieillesse, en termes d’autonomie (consentement, contrainte, liberté), de bienfaisance et de non malfaisance (sécurité, qualité de vie, meilleur intérêt du patient) et de justice (vivre ensemble, place des proches/« aidants », dignité). L’objectif de l’étude, prospective et qualitative, est d’accompagner des UCC dans leur réflexion éthique quant à la prise en charge de patients âgés atteints de troubles cognitifs hospitalisés chez elles.

L’utilisation de la « PrEP » comme nouvel outil de prévention du VIH. Quelles attentes ? Quels ressentis ? Quels arguments sous-tendent les choix des personnes et des professionnels ?

L’utilisation préventive de traitements contre le VIH (PrEp ou Pre Exposure Prohylaxis) chez des personnes à haut risque de contamination sexuelle est nouvelle en France. Il s’agit d’une étude multicentrique auprès de consultations spécialisées ou non dans la prescription de ce nouvel outil préventif, afin de connaître les arguments éthiques à propos de la prise de la PrEP avancés par les personnes et les professionnels concernés par celle-ci.

Etude sur les différents gestes de LATA en réanimation adulte et sur la perception éthique qu’en ont les praticiens 

Les LATA (limitations et arrêt de thérapeutiques actives) constituent une pratique courante dans les services de réanimation. Elles consistent en ce qu’on appelle dans une terminologie courante en philosophie des actions « passives ». Il s’agit de retirer, limiter, s’abstenir d’administrer des traitements différents d’efficacité variable, qui vont des traitements de suppléance vitale à des traitements courants comme les antibiotiques. Dans la loi et dans une discussion éthique traditionnelle, ces actions sont considérées comme équivalentes et sont opposées à des gestes dits « actifs » qui consistent à administrer des produits létaux, qui sont considérés comme éthiquement problématiques du fait de leur interférence directe avec le processus vital. Or, la différence entre les uns et les autres est moins manichéenne qu’il n’y parait et il y a comme un continuum entre des gestes considérés comme évidemment « passifs » et non problématiques, et d’autres considérés comme un peu plus « actifs » voire franchement problématiques. Des réanimateurs juniors et séniors sont rencontrés pour connaitre leur expérience à ce sujet.

Un projet expérimental sur l’institutionnalisation des personnes âgées devenues dépendantes. 

Dans la continuité des études d’éthique clinique menées par le Centre depuis plusieurs années à propos des liens entre Vieillesse, Médecine et Autonomie, ce projet expérimental part du présupposé que la prise en charge institutionnelle en EHPAD aujourd’hui proposée aux personnes âgées devenues dépendantes n’est pas toujours la réponse la mieux adaptée ni au plan social ni au plan médical pour ceux à qui elle s’adresse. Cette étude a débuté en 2017. L’objectif est d’aller à la rencontre de personnes âgées de plus de 85 ans, dites « à la bascule », c’est-à-dire menacées d’être institutionnalisées alors qu’elles ne le voudraient pas, pour une raison médicale, sociale ou familiale. L’idée est de les suivre pendant quelques mois afin de comprendre comment elles réfléchissent à ces questions et les rendre acteurs du changement que la société devrait opérer, le cas échéant.